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Rencontre avec Jean Charbonnel

4 AVRIL 2012
  • L'Association Georges Pompidou, en partenariat avec l'Université Paris-Sorbonne, a le plaisir de vous convier à une :

    Rencontre avec Jean Charbonnel 
    Présidée par Bernard Ésambert 
    Rencontre animée par Frédéric Tristram

     

    Notice biographique :

     

    Jean Charbonnel est né à La Fère (Aisne) le 22 avril 1927 et décédé le 19 février 2014. Après des classes préparatois aux lycées Henri IV et Louis-le-Grand, il intègre l'ENS en 1947 et passe l'agrégation d'histoire. Il fait ensuite l'ENA, dans la promotion Guy Desbos (1954-1956). À sa sortie de l'École nationale d'Administration, sa place au classement permet à Jean Charbonnel de débuter sa carrière, en 1956, comme auditeur à la Cour des Comptes. Il peut ainsi assurer sa formation de magistrat et refuse, par ailleurs, d'entrer à la Direction des Affaires culturelles du Quai d'Orsay et d'entrer dans les affaires. De 1958 à 1959, il est chargé de mission du ministre du Sahara, Jacques Soustelle. Il devient conseiller technique de Bernard Chenot de 1959 à août 1961, au ministère de la Santé. Il rédige les statuts de la nouvelle École nationale de la Santé. Il suit Bernard Chenot au ministère de la Justice d'août 1961 à 1962. Il constitue, au ministère de la Justice, un réseau de fonctionnaires et de collaborateurs du ministre pour résister à un putsch militaire des opposants à l'indépendance algérienne. Il est, enfin, conseiller technique du ministre des Travaux publics, Pierre Dumas. Il devient conseiller référendaire à la Cour des Comptes en 1962. D'autre part, Jean Charbonnel est nommé secrétaire d'État aux Affaires étrangères chargé de la Coopération (8 janvier 1966- 1er avril 1967).

    Malgré l'influence de la gauche et de l'antigaullisme dans le Limousin, il est élu député UNR-UDT dans la deuxième circonscription de la Corrèze en novembre 1962 et devient rapporteur de la commission des Finances pour le budget de l'énergie atomique. Il lance l'hebdomadaire L'Essor de la Corrèze suite aux législatives. Il devient conseiller général du canton de Brive-Nord en 1964. S'il perd les législatives de 1967, il remporte les élections anticipées de juin 1968 et reste député jusqu'à 1972 pour le nouveau parti Union pour la nouvelle République, créé en 1968. Il est rapporteur de la commission des Finances pour les questions de budget de l'Éducation nationale, qu'il préside en 1971-1972.

    S'il n'a jamais ouvertement critiqué le rôle restreint accordé au Parlement sous la présidence du général de Gaulle, il s'efforce, sous Pompidou, de rappeler l'importance du Parlement par un texte qu'il fait signer, en tant que président de la commission des Finances, aux présidents UDR) de commissions permanentes.

    Pour s'assurer un meilleur ancrage politique local, il se porte candidat à la mairie de Brive, parallèlement à la députation. Il est défait en 1965 mais les élections sont invalidées par le Conseil d'État. Il est élu maire le 2 octobre 1966 et le reste jusqu'en 1995. Bien qu'il n'adhère pas officiellement à l'Union Démocratique du Travail (UDT), son image de gaulliste de gauche lui vaut le soutien de l'ancien maire de Brive, issu de la gauche radicale, Henri Chapelle. Son équipe est composé entre autres d'un membre de l'UDT, le général Pouyade, et d'un membre de l'Union pour la Nouvelle République (UNR), Jean Alibert, ancien animateur des Jeunesses socialistes de Brive en 1939 et ancien résistant. Son action lui vaut le titre de maire honoraire de Brive en 2008.

    Soutenu par Georges Pompidou et Pierre Juillet et malgré l'hostilité du secrétaire général de l'UNR-UDT, Jacques Baumel, Jean Charbonnel favorise le renouvellement générationnel dès mai 1963. Par l'opération « Jeunes Loups », il cherche à promouvoir de nouveaux candidats gaullistes pour le Quercy et le Limousin, en vue des législatives de mars 1967, contre les socialistes et les radicaux. Ces jeunes cadres du parti manifestent leur engagement par le serment de Solignac le 6 novembre 1966.

    Au départ de Jacques Baumel de son poste de secrétaire général de l'UNR-UDT, en juin 1967, il fait partie du secrétariat national de l'UNR-UDT, composé de cinq membres chargés de questions thématiques : à Robert Poujade la question des élections, à André Fanton l'information, à René Tomasini l'organisation, à Jean Taittinger les finances et enfin à Jean Charbonnel les questions économiques et sociales et les relations extérieures, notamment avec les gaullistes de gauche. En novembre 1967, les assises du mouvement à Lille mettent fin à la direction collégiale. L'adoption d'un système plus traditionnel vaut à Poujade son élection, le 19 janvier 1968, au poste de secrétaire général de l'Union des Démocrates pour la Ve République, et à Jean Charbonnel sa nomination comme secrétaire général adjoint. Ils sont tout deux reconduits dans leurs fonctions à la tête de l'Union des Démocrates pour la République d'octobre 1968 à 1971.

    Il devient Ministre du Développement industriel et scientifique du gouvernement Messmer (juillet 1972-février 1974). Dans ces fonctions, Jean Charbonnel est le promoteur du programme Ariane et a préparé le plan électronucléaire français. Il est aussi connu pour son engagement dans l'affaire Lip, entreprise d'horlogerie, de mécanique et d'armement en difficulté, dès octobre 1973. Il est ainsi accusé de vouloir sauver l'entreprise à tout prix, notamment en relançant l'ensemble de l'entreprise et non pas seulement le secteur de l'horlogerie, malgré le « Lip, c'est fini » du Premier ministre. Il est partisan de l'intervention de l'État dans la perspective d'une relance globale de l'industrie et s'oppose, en ce sens, aux libéraux du gouvernement. Jean Charbonnel ne réintègre pas le gouvernement lors du remaniement ministériel de février 1974.

    En 1979, il adhère au RPR créé en 1976 par Jacques Chirac et devient député RPR en 1986. Refusant de soutenir la candidature de Jacques Chirac aux élections présidentielles de 1981 et 1988, Charbonnel est exclu en 1990 du RPR. Il reste député jusqu'à 1993 sans affiliation à un parti. À l'élection présidentielle de 2002, il accorde son soutien à Jean-Pierre Chevènement plutôt qu'à Jacques Chirac, puis à Nicolas Sarkozy en 2007 et 2012. Il préside actuellement [2010] la Convention des gaullistes sociaux pour la Ve République.
     

     

    Renseignements pratiques

    Lieu: Université Paris-Sorbonne 
    Salle des Actes 
    54 rue Saint-Jacques 
    75005 Paris 

    Renseignements et inscriptions : 
    L'entrée est libre et gratuite. Compte-tenu du nombre limité de places, nous vous remercions de vous inscrire à l'avance.
    recherche@georges-pompidou.org – 01 44 78 42 46

    A télécharger

    > Invitation (PDF)