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Murielle Montero : Pompidou, un normalien à l'Élysée

Commémoration du 30e anniversaire de la mort de Georges Pompidou (2 avril 2004)

Inauguration de l'exposition «Les normaliens au sommet de l'État, de Jules Simon à Georges Pompidou», École Normale Supérieure

 

Premier discours

De la rue d'Ulm à la Banque Rothschild, puis à l'Élysée, le parcours n'est pas banal. C'est celui de Georges Pompidou, qui entra à l'École normale supérieure en 1931, après ses années de classes préparatoires passées à Louis-le-Grand. Il garda de ses trois années passées à Normale «un souvenir impérissable», ainsi qu'il le rapporta dans Pour rétablir une vérité. Il put en effet donner libre cours à son goût du vagabondage intellectuel, à sa curiosité : «Je ne travaillais pas beaucoup, juste ce qu'il fallait pour franchir sans encombre les examens. Mais je me gavai de lecture, de peinture, de cinéma et, par-dessus tout, d'interminables discussions d'idées avec mes camarades [...] sur tous les sujets : philosophie, art, littérature ou politique.» Reçu premier à l'agrégation en 1934, il quitta l'École avec regret : c'était pour lui la fin d'une époque dorée, le terme mis aux belles années de la jeunesse et l'entrée dans la vie active. Il partit enseigner à Marseille, puis ce fut la guerre.

C'est à la Libération que Georges Pompidou fit sa première rencontre avec la politique, devenant vite l'un des plus proches collaborateurs du général de Gaulle. Le Général quittant le pouvoir en 1946, il entra alors au Conseil d'État, mais poursuivit sa collaboration auprès de lui, comme chef de cabinet de 1948 à 1953. Puis il se tourna, pendant quelques années, vers la vie économique et l'entreprise, une expérience qui sera déterminante pour l'organisation de l'essor économique de la France lorsqu'il en aura plus tard la responsabilité.

Mais Georges Pompidou n'avait pas fait ses adieux à la politique et, quand le général de Gaulle revint au pouvoir en juin 1958, c'est lui qu'il appela à nouveau auprès de lui pour diriger son cabinet de dernier Président du Conseil de la IVe République. Georges Pompidou détint alors, jusqu'en janvier 1959, des pouvoirs étendus : il tint un rôle primordial dans l'organisation de la Ve République et la préparation de la nouvelle Constitution, la remise en ordre de l'économie et de la monnaie, l'entrée effective de la France dans la Communauté économique européenne.

Une fois de Gaulle élu président de la République, Georges Pompidou retourna pour quelque temps vers le monde de l'entreprise, tout en continuant à accomplir les missions que lui confiait le nouveau chef de l'État. C'est ainsi qu'il fut chargé, comme porte-parole officieux du Général, de débloquer les négociations avec le FLN algérien en 1961. Lui qui n'avait encore jamais exercé un mandat électif se vit nommé Premier ministre, en avril 1962, jusqu'en 1968, plus longtemps qu'aucun chef de gouvernement ne l'était resté depuis un siècle. Il ne conçut sans doute pas une entrée sans retour dans un monde politique dont il redoutait de devenir prisonnier. Pendant que le Président s'appliquait aux grands voyages et aux discours prophétiques, Pompidou gérait les affaires quotidiennes. Dans une société en pleine mutation, il était attentif au développement industriel, aux progrès et aux désordres engendrés, soucieux de réformes pratiques. Pour lui, il s'agissait de permettre à tous les Français de bénéficier des progrès techniques et de la croissance économique, mais sans souffrances sociales insupportables : «il n'était pas imaginable que la France accomplisse les mutations nécessaires dans les formes où s'était faite la révolution industrielle du siècle précédent». Il mit en œuvre une politique de rénovation : une industrialisation active, l'aménagement du territoire avec la création de la DATAR, la modernisation de l'agriculture...

Georges Pompidou acquit peu à peu sa légitimité politique; il la gagna d'abord comme fidèle exécutant des grands desseins gaulliens, puis comme candidat désigné à la succession du général de Gaulle. Pompidou géra la crise de 1968 avec un grand calme et conseilla à de Gaulle de dissoudre l'Assemblée pour obtenir une plus large majorité, misant sur la peur des Français face au désordre. En dépit de cette stratégie gagnante, la longue collaboration avec de Gaulle s'interrompit alors. Mais en juin 1969, après le retrait du général de Gaulle suite à l'échec du référendum, Pompidou fut élu président de la République. Succéder à de Gaulle pouvait faire peur aux plus téméraires, mais Pompidou ne voulait et ne pouvait pas être de Gaulle; en même temps, il entendait continuer son œuvre. Ainsi la continuité n'exclut-elle pas la novation, découlant des circonstances et de la personnalité du nouveau chef de l'État. Georges Pompidou, second fondateur de la Ve République, enracina le régime; ce fut l'ouverture et l'esquisse d'un nouveau mode de coopération entre le gouvernement et le Parlement.

À l'extérieur, Pompidou poursuivit la politique d'indépendance nationale et relança la politique de construction européenne. Il était convaincu que la prospérité du pays et la possibilité pour la France de continuer à jouer un rôle dans le monde dépendaient de la réussite de l'Europe, mais aussi d'une économie en croissance.

Ainsi imprima-t-il sa marque dans le domaine économique : l'«impératif industriel», la volonté d'adapter la France aux nouvelles structures et aux nouveaux comportements induits par la croissance, le modernisme, l'attachement au libéralisme, accompagné d'une politique sociale. Ce fut alors, pêle-mêle, le développement des infrastructures de transport, du logement, une politique sociale visant à diminuer les inégalités par la politique contractuelle; la création du ministère de l'Environnement. Par exemple, le budget de l'Education nationale dépassa désormais celui de la Défense. Enfin, une politique ambitieuse de la Culture, symbolisée par le Centre qui porte aujourd'hui le nom du Président, mais qui imprégna toutes les activités de l'esprit et des arts. Amateur éclairé d'art contemporain, Georges Pompidou a, pour la première fois, incité l'État à s'engager auprès des artistes et des intellectuels et à soutenir la création contemporaine. Il a permis de nouveaux rapports entre l'art moderne et les monuments historiques, et l'émergence de l'idée d'une culture pluridisciplinaire.

Tout n'avait pas encore abouti à la fin d'un mandat présidentiel qui s'interrompit brutalement le 2 avril 1974, alors que Georges Pompidou, malgré sa maladie, continua à assumer sa charge avec fermeté et lucidité. Il laissa aux Français le souvenir d'un homme à l'air bonhomme, à l'œil toujours malicieux, mais aussi empreint de la gravité et de la hauteur d'un chef d'État. Les «années Pompidou» restèrent dans la mémoire collective des années heureuses, les dernières années heureuses, celles d'avant la crise.

De l'École, Georges Pompidou garda toujours la nostalgie; c'est sans doute pourquoi, par fidélité à ses vingt ans, il prit soin de réunir périodiquement ses anciens condisciples. Quand, en 1963, il décrivait l'Idée du normalien, il brossait aussi son autoportrait :

«Il croit à tout et il y croit passionnément. [...] Il croit à l'honneur comme Corneille et à l'amour comme Racine. Il croit à la France comme Michelet et à l'Humanité aussi comme Michelet. Il croit à la liberté comme Voltaire et à l'égalité comme Rousseau. Il croit à la tradition et au progrès, à la république des philosophes et au gouvernement des peuples.»

Devenu chef de l'État il ressentit le besoin de retourner à sa jeunesse normalienne. Il garda surtout du milieu normalien le souvenir de «la liberté de l'esprit» :

«Nous étions capables de confronter nos points de vue dans tous les domaines sans jamais sortir des limites de la camaraderie, avec une franchise, un mépris des contingences, une volonté de comprendre et de se faire comprendre qui devaient beaucoup, bien sûr, au fait que nous n'étions pas dans l'action. Mais j'ai gardé la nostalgie de cette liberté, même si j'ai compris depuis qu'elle tenait pour une bonne part à l'absence de responsabilités. L'action demande plus au caractère qu'à l'intelligence, mais il faut admettre qu'à bien des égards elle appauvrit.»

Pour conclure, laissons la parole à Léopold Sédar Senghor, qui écrivit cette élégie à la mémoire de son ami, lors d'un périple en Asie qui le ramena de Chine à Madras :

«Dans la nuit tamoule, je pense à toi mon plus que frère Au fond du ciel, les étoiles chavirent sous les madras dénoués. Comment dormir cette nuit humide, odeur de terre et de jasmin? Je pense à toi. Pour toi, rien que ce poème contre la mort. J'ai contemplé le Taj Mahal, je l'ai trouvé splendide Et je l'ai dédaigné, si froid pour un amour si grand. Sur l'autel des paroles échangées, je t'offre ce poème comme une libation Non pas la bière qui pétille et qui pique, je dis bien la crème de mil La sève tabala, que danse élancé le Seigneur Shiva. Écoute la noire mélopée bleue, qui monte dans la nuit dravidienne.»

 

Deuxième discours

Normalien accédant à la responsabilité la plus haute, artisan d'une mutation décisive de la société française, il donna la pleine mesure de son dévouement à l'État et au pays, de son courage aussi.

Né dans le Cantal le 5 juillet 1911, fils d'instituteur, petit-fils de paysans, il fut un élève brillant, collectionnant les premiers prix au concours général — le cursus honorum de la méritocratie républicaine. La voie apparaissait dès lors toute tracée : la khâgne de Louis-le-Grand, puis l'École normale supérieure, où il entra en 1931. Il garda de ses trois années passées à Normale «un souvenir impérissable», ainsi qu'il le rapporta dans Pour rétablir une vérité. Il put en effet donner libre cours à son goût du vagabondage intellectuel, à sa curiosité : «Je ne travaillais pas beaucoup, juste ce qu'il fallait pour franchir sans encombre les examens. Mais je me gavai de lecture, de peinture, de cinéma et, par-dessus tout, d'interminables discussions d'idées avec mes camarades [...] sur tous les sujets : philosophie, art, littérature ou politique.» Il eut alors comme condisciple Julien Gracq. Un air détaché, un peu dilettante, élégant, il faisait figure de «mondain» dans un milieu qui, il est vrai, ne se souciait guère d'élégance. Il voyageait beaucoup, visitant la Belgique, l'Autriche, l'Italie, l'Allemagne. Pompidou garda surtout du milieu normalien le souvenir de «la liberté de l'esprit» :

«Nous étions capables de confronter nos points de vue dans tous les domaines sans jamais sortir des limites de la camaraderie, avec une franchise, un mépris des contingences, une volonté de comprendre et de se faire comprendre qui devaient beaucoup, bien sûr, au fait que nous n'étions pas dans l'action. Mais j'ai gardé la nostalgie de cette liberté, même si j'ai compris depuis qu'elle tenait pour une bonne part à l'absence de responsabilités. L'action demande plus au caractère qu'à l'intelligence, mais il faut admettre qu'à bien des égards elle appauvrit.»

Diplômé de l'École libre des Sciences politiques, reçu premier à l'agrégation en 1934, il quitta l'École avec regret : c'était pour lui la fin d'une époque dorée, un terme mis aux belles années de la jeunesse et l'entrée dans la vie active. Il partit enseigner à Marseille, puis revint vite à Paris, au lycée Henri IV. Il fit la campagne de 1940, où il obtint la croix de guerre, puis retourna enseigner au lycée.

Après la guerre, débuta pour lui une carrière fort différente de sa jeunesse. À la Libération, l'idée de rentrer à Henri-IV alors que la France ressuscitait ne lui venait pas à l'esprit. Par l'intermédiaire de son ancien condisciple René Brouillet, il entra comme chargé de mission au cabinet du général de Gaulle dans le Gouvernement provisoire, et il s'y fit remarquer par ses qualités intellectuelles — un esprit synthétique et pragmatique, du bon sens, une attention au concret. Il quitta le cercle du pouvoir au moment de la retraite du Général et entra comme Maître des requêtes au Conseil d'État. Il resta fidèle à de Gaulle pendant la «traversée du désert», dirigea son cabinet de 1948, à l'époque du RPF, jusqu'en 1953, puis commença une brillante carrière à la banque Rothschild, dont il fut directeur général en 1956. Quand de Gaulle revint au pouvoir, en 1958, ce fut lui qu'il appela comme directeur de cabinet, de juin à décembre 1958. Plus proche que quiconque du général de Gaulle, il adhéra à une conception de la «grandeur» de la nation et de la force de l'État. Nommé en janvier 1959 membre du Conseil constitutionnel, il fut chargé par le Président de diverses missions secrètes (concernant en particulier la guerre d'Algérie). Ce fut à l'instigation de Pompidou et de René Brouillet que, en février 1959, de Gaulle accepta de présider le bal de l'École, où plusieurs normaliens refusèrent ostensiblement de lui serrer la main; de Gaulle, froissé, ne retourna jamais dans un établissement universitaire en France, tout en demandant instamment à en visiter lors de chaque voyage à l'étranger, et veilla à s'entourer de normaliens et d'universitaires qui manifestaient, par leur présence à ses côtés, que tous les normaliens ne participaient pas à cette rébellion.

La carrière politique ne paraissait toujours pas tenter Pompidou. De retour dans le monde des finances, il put s'ouvrir aux réalités économiques de la France moderne; il en tira la conviction que la puissance d'une nation était liée à la prospérité économique, dont l'industrialisation était la clef. Initié dans la haute société, il s'intéressa à l'art, publia une anthologie de la poésie française... Il n'oubliait pas ses amis de toujours, camarades de khâgne et de l'École, avec lesquels il déjeunait régulièrement : Julien Gracq, Roger Ikor, Jean Stoetzel, Raoul Audibert, Antoine Bonifacio, Henri Queffélec, Louis Chevalier, Jean Bousquet.... Ils évoquaient ensemble le passé, leurs années de jeunesse à l'École. Pompidou resta profondément attaché à la famille normalienne.

Sa carrière politique débuta réellement en avril 1962, quand il fut nommé Premier ministre, lui qui n'avait jamais encore exercé de fonction publique éligible; il ne conçut sans doute pas une entrée sans retour dans un monde politique dont il redoutait de devenir prisonnier. Collaborateur du général de Gaulle pendant vingt-cinq ans — «Premier ministre le plus long» de la Cinquième République, comme il aimait à le dire —, il n'était pas un baron du gaullisme. Celui qui n'avait gagné ses galons ni dans la Résistance ni dans la France libre, ni par le suffrage populaire, dut acquérir sa légitimité politique; il la gagna d'abord comme fidèle exécutant des grands desseins gaulliens, puis comme candidat désigné à la succession du général de Gaulle. Le contexte socio-politique était délicat : les conséquences des accords d'Évian, le projet controversé de l'élection du président de la République au suffrage universel, la grève des mineurs en 1963... jusqu'à la crise de mai 1968. Peu à peu, le «dauphin» s'imposa. Pendant que le Président s'appliquait aux grands voyages et aux discours prophétiques, Pompidou gérait les affaires quotidiennes. Dans une société en pleine mutation, il était attentif au développement industriel, aux progrès et aux désordres engendrés, soucieux de réformes pratiques. Il prit alors une autonomie accrue, plaçait ses hommes. Pompidou conseilla alors à de Gaulle de dissoudre l'Assemblée pour obtenir une plus large majorité, misant sur la peur des Français face au désordre. En dépit de cette stratégie gagnante, Maurice Couve de Murville lui succéda à la tête du gouvernement. Pour peu de temps : après le retrait du général de Gaulle suite à l'échec du référendum d'avril 1969, Pompidou fut élu président de la République.

Succéder à de Gaulle pouvait faire peur aux plus téméraires, mais Pompidou ne voulait et ne pouvait pas être de Gaulle; en même temps, il entendait continuer son œuvre. Second fondateur de la Ve République, il enracina le régime. À l'extérieur, il poursuivit la politique d'indépendance nationale et relança la politique de construction européenne. Dans le domaine économique en particulier, Georges Pompidou imprima sa marque : l'«impératif industriel», la volonté d'adapter la France aux nouvelles structures et aux nouveaux comportements induits par la croissance, le modernisme, l'attachement au libéralisme, accompagné d'une politique sociale. Tandis que le début des années 1970 était marqué par la contestation gauchiste et féministe, Pompidou refusait la société permissive post-soixante-huitarde. Les remous qui agitèrent l'École en 1971 l'agacèrent; il n'admettait pas ces chahuts; le directeur Robert Flacelière fut alors remplacé par Jean Bousquet, vieil ami du président.

Malgré la maladie qui le minait, Georges Pompidou continua à assumer sa charge. Il mourut à son poste, le 2 avril 1974, laissant aux Français le souvenir d'un homme à l'air bonhomme, à l'œil toujours malicieux, mais aussi empreint de la gravité et de la hauteur d'un chef d'État. Les «années Pompidou» restèrent dans la mémoire collective des années heureuses, les dernières années heureuses, celles d'avant la crise.

Pur produit de la culture républicaine de la première moitié du XXe siècle, partie prenante de l'idéal républicain de promotion par le diplôme, littéraire entré dans le monde de la finance, il incarnait la complexité de la nation française, non seulement attaché à ses racines rurales, aux vertus paysannes de bon sens, de solidité, de travail, mais aussi ouvert au modernisme et amateur éclairé d'art contemporain. De l'École, Georges Pompidou garda toujours la nostalgie; c'est sans doute pourquoi, par fidélité à ses vingt ans, il prit soin de réunir périodiquement ses anciens condisciples. Quelques-uns d'entre eux, dont l'écrivain Roger Ikor, approfondirent leurs relations avec lui à partir du moment où, chef de l'État, il ressentit davantage encore le besoin de retourner à sa jeunesse normalienne.

Bien des années après son passage à l'École, en 1963, Georges Pompidou décrivait ainsi «l'Idée» du normalien :

«Son royaume n'est pas de ce monde. De naissance, il appartient, comme l'a confessé Giraudoux, à une société d'ombres. Ses relations ne lui sont d'aucune utilité, qu'elles s'appellent Homère, Platon, Virgile, ou bien Descartes, Racine ou Baudelaire. [...] Il croit à tout et il y croit passionnément. S'il croit en Dieu, c'est avec la foi de Pascal, et s'il croit en la science, c'est avec la candeur de Renan. Il croit à l'honneur comme Corneille et à l'amour comme Racine. Il croit à la France comme Michelet et à l'Humanité aussi comme Michelet. Il croit à la liberté comme Voltaire et à l'égalité comme Rousseau. Il croit à la tradition et au progrès, à al république des philosophes et au gouvernement des peuples. Plus que tout, il croit à la réalité des Idées. Le normalien est platonicien.»

Le normalien sait éviter l'écueil du pédantisme,

«s'il a su recueillir le don le plus précieux qu'aient pu lui transmettre ses maîtres, je veux dire le don de ne pas se prendre au sérieux. [...] Normale est sans doute l'endroit du monde où l'on se regarde le moins dans la glace — et si parfois on a la tentation de s'écouter parler, tout y est prévu pour vous ramener rapidement à une appréciation plus saine des réalités.»